01 - 11/09/2007 - Mots de Sottovoce
Ecrire un texte en utilisant l'ensemble des mots suivants :
vite, magique, rapide, dernier, contacter, prononcer, conseiller, sinistre, astuce, service
accidentellement (humm...) ce texte répond également à un autre exercice de la communauté, mais je le referai le moment venu :
25 - du 27/11 au 9/12/2007 - "La page blanche" (Kildar / Madam'Aga)
Il aurait voulu que cela se termine plus
vite, comme dans ces moments
magiques où les mots s'écoulaient tels des
rapides, du premier au
dernier, sans qu'il ait à peine
le temps de les voir passer.
Mais bien sûr il ne pouvait pas en être ainsi cette fois. Ce n'était pas pareil.
Assis devant sa feuille, l'homme savait qu'il s'était fixé un objectif essentiel, mais en même temps très difficile à atteindre, et que toutes les manières qu'il avait, d'habitude, de
contacter son inspiration, seraient vaines : l'inspiration n'acceptait d'entendre ses appels, dans ce langage-là où les mots ne se
prononcent pas, que si elle était déjà éveillée par
le sujet.
Un ami lui avait un jour
conseillé, si le blocage étendait ses ailes
sinistres au dessus de la page désespérément blanche, de réfléchir à pourquoi il en était arrivé là, les raisons
pour lesquelles il se trouvait devant cette feuille et que les mots ne venaient pas. Il avait déjà testé de nombreuses fois cette
astuce, consistant à mettre son vécu au
service de
l'écriture, et elle avait toujours fonctionné.
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Il repensa donc à ce chemin qu'il avait décidé de parcourir au gré de sa plume, son "chemin de rêves" comme il disait, parce que chaque histoire que l'on écrit est comme un rêve éveillé, dont on ne
sort jamais vraiment après l'avoir ressentie, et libérée. Bien sûr, un cauchemar est aussi un rêve, en quelque sorte. Comme la souffrance, la maladie, toutes les horreurs du monde sont aussi la
vie. Et pourtant la vie est un don, et il ne faut jamais arrêter de la rêver tout en la parcourant.
Lui, il avait décidé de rêver mille vies, bons moments comme mauvais, mais en se fixant une direction extérieure à lui-même, une direction qui s'était imposée à lui au fil de ses lectures de son
magazine littéraire favori.
En effet, celui-ci proposait, depuis quelques temps déjà, une rubrique baptisée "Ecriture ludique", constituée d'exercices allant des classiques mots imposés (mais en variant le nombre de mots à
utiliser et les conditions) à l'écriture inspirée par des image(s) (photos ou créations graphiques superbes et souvent intriguantes), en passant par des phrases imposées, débuts et fins, et autres
types plus originaux et inspirants.
Il avait déjà pris le temps de participer à certains de ces exercices, entre deux projets plus sérieux, mais même s'il avait eu le plaisir de pouvoir ainsi être cité dans les pages du magazine, il
sentait bien que le plaisir que ces exercices et les participations publiées lui procurait méritait mieux que quelques minutes sur le coin d'une table, de loin en loin. D'autant que son écriture
était devenue de plus en plus capricieuse au fil du temps, puis carrément absente, ne s'éveillant plus que sporadiquement, et il sentait bien qu'il avait besoin d'un cadre suffisamment strict pour
se remettre en route, mais suffisamment varié aussi pour ne pas renoncer avant la fin.
Alors il avait décidé de rendre hommage à cette rubrique, en reprenant les exercices un par un. Cela prendrait le temps qu'il faudrait, il n'avait pas fixé de délai. Mais il pensait qu'un ou deux
exercices par semaine était un objectif atteignable.
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Et voilà comment il se retrouvait, là, devant cette table, devant cette feuille blanche qu'il brûlait de couvrir de signes, et qui lui semblait-il brûlait tout autant de savoir quel sort allait lui
être réservé.
Mais après tout, quoi de mieux comme début pour son "chemin" que de se raconter lui-même, là, devant cette page, et d'expliquer pourquoi il en était là ?
D'autant plus, se rendit-il compte stupéfait, que cela répondait en même temps au tout premier exercice, et à un autre, intitulé "La page blanche" !
"
Mais pas question de tricher" se dit-il. Il referait quand même celui-là le moment venu.
Il se lança alors dans l'écriture, les mots ne se refusant plus, comme il avait pris le temps de ressentir le sujet de l'intérieur.
L'écriture n'est pas faite d'encre, ou des points colorés sur un écran. C'est de la chair, du sang, des émotions, tout ce que l'on porte en nous, et qui ne peut sortir que si on choisit de s'en
servir.
Une nouvelle fois, Il remercia mentalement son ami de lui avoir enseigné cette vérité, et continua.